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Nikola Karabatic: secrets de fabrication

Doc du sport: Nikola Karabatic
Nikola Karabatic

Il fait partie des sportifs préféré des français. Le handballeur Nikola Karabatic a 33 ans et a presque tout gagné. Demi-centre emblématique de l’équipe de France, il continue de briller sur les parquets, autant à l’international que dans son club du Paris-Saint-Germain où il évolue avec son frère. Cette année il vise bien sûr de nouveaux titres, lui qui a déjà un palmarès bien fourni. Voici quelques secrets de fabrication de la crème du sport français.

DOC DU SPORT: Nikola Karabatic, vous êtes considéré comme le meilleur joueur de handball du monde. Comment êtes-vous arrivé à ce niveau d’excellence ?

Nikola Karabatic: J’ai commencé le handball en suivant les traces de mon père qui était ancien international Yougoslave puis entraîneur. Mon frère également fait du handball, nous jouons tous les deux ensemble en équipe de France et au Paris-Saint-Germain. C’est une affaire de famille pour nous.

Je suis passé pro depuis mes 17-18 ans. Et j’ai la chance de jouer en équipe de France depuis bientôt 15 ans. J’ai été quatre fois champion du monde, 3 fois champion d’Europe, double champion olympique, médaillé d’argent olympique, et en club j’ai gagné trois Ligue des champions. J’ai un gros palmarès dont je suis assez fier. Ca a permis de mettre en avant ce sport au niveau des médias, mais aussi auprès des gens et des enfants qui le pratiquent de plus en plus.

Avez-vous toujours pratiqué le handball ?


Nikola Karabatic: J’ai fait énormément d’autres sports grâce à de très bons entraîneurs qui m’ont donné envie. Mon père aussi faisait différents sports, à l’école j’ai donc eu la chance d’en pratiquer plusieurs.

Mais ma passion a toujours été le handball. J’ai commencé très petit, et très vite, c’est devenu mon objectif de carrière professionnel. A côté de ça, je suis resté passionné de sport en général. J’ai pas mal fait de sports co, du tennis, je me suis mis au padel tennis aussi.

Pour être en forme je pratique également la course à pied, la musculation, un peu de Crossfit et j’aime beaucoup la natation. Bien sûr, je regarde beaucoup de sports à la télévision quand j’ai un peu de temps libre même si aujourd’hui je passe la plupart de mon temps à m’entraîner.

Comment gérez-vous vos entraînements ?

Nikola Karabatic: Les programmes d’entraînements diffèrent en fonction de la période de la saison. Par exemple en été, nous serons sur beaucoup d’entraînements à base de préparation physique avec le matin de la course pour travailler l’endurance, puis de la musculation. Ensuite il y a le déjeuner, une petite sieste pour récupérer, et le soir un entraînement de handball.

En pleine saison, on a des périodes où on peut avoir jusqu’à deux matches par semaine, on ralentit les entraînements. On ne fera plus que deux heures d’entraînement par jour, surtout le soir et avec des petits rappels de musculation après les séances. A ce moment-là, on réduit l’intensité et on augmente les soins pour réparer les petits bobos et les chocs. On voyage beaucoup également, on se concentre plus sur l’aspect tactique et moins sur l’aspect foncier pour tenir le rythme.

Aujourd’hui vous faites partie des plus vieux joueurs de l’équipe de France, que pensez-vous de la jeune génération ?

Nikola Karabatic: Elle tient le rythme ! Elle se sert plus des réseaux sociaux pour montrer les entraînements que les anciens (rires)…

Est-ce que vous vous entraînez tous de la même manière ?

Nikola Karabatic: Tous les joueurs ont une base commune, surtout en ce qui concerne la technique. Puis on différencie des parties d’entraînement, souvent à la fin de la séance, pour une pratique plus individuelle selon les postes et selon les besoins et l’état de forme des joueurs.

On gère avec les coachs à disposition et chacun fait ce dont il a besoin sur le terrain, mais aussi au niveau de la musculation, des soins et des étirements.

Certains joueurs qui auront beaucoup joué en match auront plus besoin de renforcement alors que d’autres moins fatigués travailleront plus le foncier.

Vous avez un grand gabarit, dites-nous comment se nourrit un grand champion ?

Nikola Karabatic: Je mesure 1,96 m et pèse 106 kg. Ça fait 2, 3 ans que j’ai pris conscience de l’importance de la nutrition. Je ne suis pas devenu maniaque mais je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de choses à bannir, mauvaises pour la santé, dans de nombreux aliments. En tant qu’individu et que sportif, je me dis que je peux influencer les gens.

Aujourd’hui, j’essaie de faire attention à un maximum de produits que je mange, mais aussi à la quantité même si avec mon poids et mon activité, je brûle vite les calories.

Pour le petit-déjeuner, j’adore prendre des céréales mais je bois moins de lait et je consomme du lait d’amande ou du lait d’épeautre. Je mange également des fruits le matin. J’aime le café mais j’essaie de ne pas trop en consommer, pas plus de trois par jour.

Pour ce qui est du déjeuner j’essaie de varier. Je mange des fruits et légumes de saison bio qui sont de meilleure qualité. J’ai réduit ma consommation de viande, je privilégie le poisson et les protéines végétales.

J’ai décidé de faire tous ces changements en 2016 après une très grosse année avec les jeux Olympiques, les championnats d’Europe, la saison en club, derrière les championnats du monde début 2017. Et puis j’ai eu la naissance de mon fils donc ça a été une année très, très chargée. C’est là que je me suis dit qu’il fallait que je fasse plus attention même si j’ai toujours eu la chance de ne jamais être gravement blessé.

Gérez-vous votre alimentation tout seul ?

Nikola Karabatic: Oui. Je me renseigne et prends des conseils auprès de personnes averties mais je n’ai pas de coach ou de nutritionniste. J’ai commencé en lisant un livre sur les intestins, je me suis rendu compte que ce que l’on mange est très important pour le corps et pour nos cellules.

Aujourd’hui, je fais donc attention à tout cela mais je continue de me faire plaisir tout de même en buvant une bière ou un verre de vin rouge de temps en temps.

Que mangez-vous avant un gros match ?

Nikola Karabatic: Lorsque l’on joue l’après-midi, je prends un bon petit-déjeuner : céréales, fruits, j’adore les bananes et les kiwis, cassis, grenades. Je mange un peu de salé aussi avec du pain et du fromage ou du jambon. Le midi j’évite de manger trop lourd pour me sentir en forme au match.

On a des repas d’équipe avec des pâtes, de la salade… Deux ou trois heures avant le match j’aime bien boire un café, puis toutes les demi-heures, je mange des bananes et je bois beaucoup d’eau.

Quelles sont les principales blessures récurrentes au handball ?

Nikola Karabatic: Il y a des entorses de cheville à cause des changements d’appuis et des sauts. Dans les blessures plus lourdes il y a les ligaments croisés des genoux liés aux changements de directions.

Et puis du côté des épaules aussi ça peut devenir très délicat, on peut se faire « arracher » l’épaule en position de tir et ça peut être très problématique voire un fin de carrière si on n’arrive pas à se soigner correctement. Comme on est un sport à contact, il y a également de nombreuses blessures dues aux chocs qu’on ne peut pas éviter.

Moi j’ai eu beaucoup de petites blessures comme des entorses aux chevilles, au coude, aux doigts, des petites déchirures à cause des béquilles, je me suis cassé le nez, j’ai eu les arcades ouvertes etc… Mais je n’ai jamais eu quelque chose de vraiment grave.

Interview Doc du sport: Nikola-karabatic
Nikola-karabatic prête son image à la gamme Barb’Xpert

Vous avez prêté votre image à la gamme Barb’Xpert de Franck Provost, pourquoi ce choix ?

Nikola Karabatic: J’ai rencontré un des dirigeants à l’aéroport en partant avec le PSG pour un match. Il m’a parlé du projet et m’a annoncé qu’il pensait à moi en tant qu’égérie sportive. On en a donc discuté puisque l’occasion le permettait, puis on s’est revu quelques mois plus tard.

Les dirigeants m’ont présenté la gamme et les différents produits, ça m’a tout de suite plu. Avec ma barbe, je me suis reconnu dans les produits que je suis amené à utiliser au quotidien. La marque m’a beaucoup plu ainsi que la qualité des produits, l’image, les prix très abordables alors que ça coûte normalement assez cher. Ça me correspond complètement, c’est pourquoi j’ai accepté.

Prêtez-vous votre image à d’autres marques ?

Nikola Karabatic: Oui, je suis sponsorisé par Adidas mon équipementier et Mcdavid qui fait des protections pour les sportifs. Je suis aussi en contrat avec Lidl, et avec une marque d’électroménager des pays de l’Est qui s’appelle Gorenje. J’ai fait des pubs pour Renault et pour Samsung. Mais concernant l’hygiène, je n’ai que Barb’Xpert, et ça représente bien la vie du sportif, qu’il soit professionnel ou non, qui fait attention à son image et qui soigne son apparence.

En parlant d’hygiène, êtes-vous obligé d’avoir une hygiène de vie très stricte ?

Nikola Karabatic: Non pas spécialement. J’ai surtout des principes auxquels je me tiens mais il ne faut pas que ce soit trop strict sinon on enlève tout le plaisir. Je fais attention à beaucoup de choses mais je ne m’interdis pas tout.

Et concernant votre sommeil, à quoi faites-vous attention ?

Nikola Karabatic: Maintenant je me couche tôt avec mon fils ! Je suis papa depuis deux ans et je suis beaucoup plus fatigué qu’avant. Ça m’arrive de m’endormir en même temps que lui vers 21h30 alors qu’avant je me couchais plus tard. Ça me permet de récupérer beaucoup plus.

>> Lisez notre article « Le sommeil: indispensable à la performance »

Avez-vous recours aux nouvelles tendances type sophrologie, méditation, coaching mental etc… ?

Nikola Karabatic: J’ai essayé au sein des équipes pour lesquelles j’ai joué. D’ailleurs, certains coachs nous amenaient à faire de la sophrologie pour essayer ou des choses comme ça. J’ai essayé mais je ne le fais pas de mon côté. En fait, je n’ai pas la sensation d’en avoir besoin, je me sens bien comme je suis maintenant.

Je me sers déjà de mes expériences pour m’aider dans mon mental. J’ai aussi fait du yoga un été et je refais ce que j’ai appris tout seul dans mes routines mais je ne le fais pas spécialement avec des coachs. Mais peut-être que si je ne faisais pas du sport à haut-niveau, je pratiquerai du yoga dans la semaine avec un coach et de manière régulière.

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes joueurs qui se lancent dans le handball ?

Nikola Karabatic: Déjà de prendre un maximum de plaisir dans un sport d’équipe. C’est important de prendre soin de soi en pratiquant un sport mais il ne faut pas non plus négliger tout l’aspect social qu’il y a autour d’un sport co. On se fait des amis sur le terrain, on partage beaucoup avec cette notion d’équipe et de collectif.

Je me suis fait des amis depuis tout petit grâce à ce sport qui sont devenus presque de la famille. Et puis il y a la joie des victoires qu’on peut partager avec les gens qui vivent la même chose que nous tout comme dans la tristesse de la défaite.

Il faut bien sûr beaucoup travailler et prendre l’entraînement très au sérieux comme je l’ai toujours fait, avoir une bonne préparation physique avec la course à pied et les étirements. Je suis persuadé que si on fait tout ça correctement dès le plus jeune âge, ça a un impact plus tard sur le corps.

J’en suis un bon exemple avec ma longévité au plus haut niveau.

Triathlète aventurière - Journaliste du sport et sportive - Formation scientifique en sciences de la nature et de la vie - Rédactrice en chef adjointe