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Armel Le Cléac’H: préparation d’un skipper grand format

Rencontre avec Armel Le Cleac'H
Rencontre avec Armel Le Cleac’H

Il est le vainqueur du dernier Vendée Globe en 2017, et plus récemment, la malheureuse victime d’un chavirage pendant la Route du Rhum. De la plus belle performance à la désillusion à bord du trimaran Banque Populaire, Armel Le Cléac’h enchaîne les courses et doit toujours se tenir prêt, physiquement et mentalement, pour braver les plus grands défis maritimes. Voici quelques explications sur son quotidien.

Quel est votre rythme d’entraînement par semaine ?

Mon rythme d’entraînement par semaine : 5 jours sur 7 à terre et en mer.

Quel(s) sport(s) pratiquez-vous régulièrement ?

La voile, bien sûr, mais aussi le golf. La gestuelle et la concentration de ce sport m’aident à mettre en place une routine. Sur un bateau, il faut également enchaîner les manœuvres avec un certain ordre, se mettre dans une bulle bien organisée. Le golf est un outil précieux pour cela.

Quelle importance accordez-vous à votre préparation physique ?

J’y accorde une très grande importance, c’est essentiel pour être performant dans la durée. Par exemple, pour la dernière Route du Rhum, j’ai travaillé sur un entraînement très spécifique qui commence plus d’un an à l’avance.

Faites-vous appel à un staff pour vous aider (coach, préparateur mental…) ?

Je n’ai pas de préparateur mental, j’ai un préparateur physique, Bernard Jaouen, qui m’aide beaucoup. Pour moi, le physique et le mental forment un tout, qui s’imbrique comme dans un puzzle avec des cases à cocher. À côté de cela, mon staff est le Team Banque Populaire, il est composé de 14 personnes qui m’aident au quotidien lors des entraînements et dans la préparation de nos bateaux.

Armel Le Cleac'H

Qu’y a-t-il de plus difficile à gérer dans votre préparation avant une course au large (Vendée Globe, Route du rhum…) ?

Réussir à faire que tous les éléments que nous préparons avec le Team Banque Populaire s’emboîtent bien les uns aux autres, que toutes les cases de ma « To-Do List » soient bien remplies avant le départ de la course. J’aime bien que tout s’enchaîne parce qu’au final, j’y gagne en tranquillité d’esprit. Il faut que lorsque je monte sur mon bateau, je sois le plus serein possible, les automatismes bien en place.

Quelles sont les aptitudes physiques nécessaires pour naviguer sur un bateau comme le trimaran Banque Populaire ?

Il faut être résistant, bien gérer son temps et son repos pour rester lucide et en forme physiquement. En mer, le sommeil est une problématique importante, on dort en rythme saccadé, il faut s’y préparer. Je m’y suis préparé tout au long de ma carrière en faisant de la sophrologie, j’utilise des techniques d’imagerie mentale.

Avez-vous déjà eu de grosses blessures ? Comment avez-vous géré votre guérison ?

Je me suis blessé à la main en 2014 avant le départ de la Route du Rhum. J’ai eu pas mal de rééducation à faire ensuite et tout s’est très bien déroulé grâce au suivi médical que j’ai pu recevoir.

Prenez-vous du plaisir à pratiquer du sport en dehors de vos heures de navigation ?

Oui, en mer, et je pratique aussi la voile en famille avec ma femme et mes enfants sur des petits bateaux ou en croisière. Et si ce n’est pas sur l’eau, ce sera sur un terrain de golf avec des amis.

Interview de Armel Le Cleac'H

Comment récupérez-vous après une grosse course au large ?

Il faut du temps pour récupérer, plus la course est longue, plus le temps de récupération est important. Par exemple, pour un Vendée Globe, il faut bien deux mois avant de pouvoir repartir sur l’eau. Il faut surtout prendre du temps pour soi, avec sa famille, couper avec toutes les sollicitations que nous pouvons avoir après une arrivée de course.

Si vous n’étiez pas devenu skipper, quel sport auriez-vous aimer pratiquer à haut niveau ?

Le golf sans aucun doute ! ✱

Triathlète aventurière - Journaliste du sport et sportive - Formation scientifique en sciences de la nature et de la vie - Rédactrice en chef adjointe