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Les femmes sont-elles plus endurantes que les hommes?

Les femmes sont-elles plus endurantes que les hommes?
Les femmes sont-elles plus endurantes que les hommes?

Une étude d’envergure portée par le CHU et l’université de Saint-Étienne, le Laboratoire inter-universitaire de biologie de la motricité et la chaire ActiFS réunit 35 expérimentateurs à Chamonix, pour évaluer 86 trailers. Hommes et femmes de tous niveaux sont testés autour de l’UTMB afin d’évaluer leur capacité d’endurance et de déterminer si les femmes sont plus endurantes que les hommes.

Par Anne Odru avec Guillaume Millet, professeur de physiologie de l’exercice

Pourquoi les femmes ?

Bien que, depuis une vingtaine d’années, les épreuves de trail running connaissent un développement majeur, les troubles aigus associés à sa pratique doivent encore être plus largement investigués, en particulier chez les femmes.

Lors des UTMB 2009 et 2012, une équipe de recherche pilotée par Guillaume Millet avait déjà cherché à comprendre la fatigue neuromusculaire. Cette étude avait notamment démontré un impact majeur sur le cerveau. Une première investigation des différences entre les sexes avait aussi montré que la fatigue des mollets et la perte de force maximale des quadriceps étaient moindres chez les femmes comparativement aux hommes après 110 km de course. « Sur le terrain, les femmes peuvent être meilleures que les hommes sur de l’ultra-marathon. Il serait donc intéressant de savoir pourquoi certaines d’entre elles arrivent à battre tous les hommes sur une course. Existe-t-il des spécificités féminines dans cette discipline ? », voici la question à laquelle Guillaume Millet tente de répondre à travers cette étude.

Une grande première

L’objectif de cette nouvelle étude, en plus de vérifier et d’étayer les précédents résultats, est d’avoir une meilleure compréhension des répercussions physiologiques d’un ultra-marathon en montagne en fonction du sexe et de la distance de course.

« Il faut dissocier les hommes et les femmes, car les résultats des uns ne s’appliquent pas forcément aux autres », explique le professeur Millet.

Et pour des résultats plus directs, il est important de réaliser cette étude sur une épreuve grandeur nature.

Il sera intéressant de connaître les comportements de chaque sujet sur 110 kilomètres et de déterminer si les femmes sont plus résistantes ou si elles se préservent plus que les hommes.

« L’idée est aussi de voir l’interaction entre le sexe et le format de course ; pour cela nous allons comparer les résultats en fonction des distances car les sujets ont également été évalués sur des épreuves plus ou moins longues autour de l’UTMB. »

En pratique, l’Institut régional de Médecine et d’ingénierie du sport (IRMIS) de Saint-Étienne a accueilli au mois de juillet les 86 volontaires de l’étude pour des tests de familiarisation et des mesures de la capacité physique.

Deux visites au Laboratoire médical de l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme de Chamonix font également partie du process : une dans les deux jours précédant la course et une autre à l’arrivée. Parmi les volontaires, on retrouve des sportifs de très haut niveau appartenant au top 10, voire de potentiels vainqueurs, mais aussi des amateurs qui pourront se retrouver parmi les derniers concurrents de la course. De quoi récupérer un maximum de données pour établir des résultats bien complets. ✱

Triathlète aventurière - Journaliste du sport et sportive - Formation scientifique en sciences de la nature et de la vie - Rédactrice en chef adjointe