Nathalie Péchalat, une championne au service des enfants malades

Nathalie Péchalat, une championne au service des enfants malades
Nathalie Péchalat, une championne au service des enfants malades

Ancienne championne de patinage artistique, Nathalie Péchalat est désormais au service des enfants malades. Après en avoir été l’ambassadrice, la voici présidente de l’association Premiers de cordée depuis cette année. L’association propose gratuitement et tout au long de l’année des initiations sportives pour les enfants hospitalisés. Elle a également développé un programme de sensibilisation au handicap auprès des écoles et des entreprises. L’objectif étant d’aider au financement du programme « Sport à l’hôpital ».

Pourquoi avez-vous souhaité vous investir dans cette association ?

Nathalie Péchalat : J’étais marraine depuis dix ans et j’ai souhaité donner plus de temps pour aider à développer l’association. L’enfance, le sport et la santé, ça me parle beaucoup par rapport à mon passé de sportive de haut niveau et de maman aujourd’hui.

Quels sont vos objectifs ?

Nathalie Péchalat : Premiers de cordée agit dans deux domaines :

  • La pratique collective avec des tournées ;
  • Les journées Évasion qui ont beaucoup de succès !

Nous souhaitons en faire plus et développer la pratique physique adaptée. Nous avons également créé « Mobi’Sport », une opération écoresponsable avec un vélo cargo afin d’inciter à une pratique adaptée et régulière. Le sport permet de se sentir bien et de s’évader de son quotidien, ça doit rentrer dans le parcours médical. C’est aussi le meilleur moyen d’inciter les enfants à s’inscrire dans un club à la sortie de l’hôpital.

Aujourd’hui quelles sont les actions menées par l’association ?

Nathalie Péchalat : On est à un carrefour, il faut plus de moyens humains et financiers. Il y a une véritable impulsion à prendre. On doit prioriser et développer nos actions de manière pérenne, ce qui est difficile en fonction des années. On a plein d’idées et nous sommes tous de bonne volonté mais ça ne suffit pas…

Le sport santé est une clé pour aider les enfants hospitalisés ?

Nathalie Péchalat : Ça aide forcément puisque c’est profitable pour la guérison. C’est un bienfait à prendre en compte dans le parcours de soins des malades. Ça leur permet de prendre confiance pour mieux se battre. C’est ainsi qu’ils prennent possession de leur corps de manière positive. Il ne faut pas les exclure de la pratique physique adaptée. Elle est encadrée par des médecins et cela nous permet aussi d’interpeller les parents via le retour des enfants.

Quels sont les bienfaits que vous avez pu constater ?

Nathalie Péchalat : Les bienfaits sont immédiats, on les voit à travers les sourires, les enfants s’amusent ! Ça leur paraît compliqué au départ mais chacun fait comme il peut et on oublie très vite les différences, même chez les enfants en situation de handicap. L’ambiance est très détendue, ils prennent du plaisir et se sentent tout simplement enfants à nouveau. Tout ça grâce à nos bénévoles qui donnent de leur temps. Nous avons des éducateurs spécialisés en activités physiques adaptées. Les animations sont gratuites et encadrées par des professionnels, c’est pourquoi nous avons besoin de financements pour parvenir à en faire plus.

MATHIEU PELLAN – PÉDIATRE DU SPORT RÉFÉRENT PREMIERS DE CORDÉE

Quel est votre rôle auprès des enfants hospitalisés ?

Nathalie Péchalat : Je suis pédiatre et médecin du sport référent au sein de l’administration qui valide les actions de l’association. J’essaie de faciliter les actions auprès des hôpitaux en tant que caution médicale. Je m’entoure d’autres médecins pour m’aider à développer des projets adaptés et afin d’avoir la bonne approche. Je donne également des formations aux bénévoles sur le sport santé et ses bienfaits.

Quels sont les bienfaits du sport sur les enfants malades ?

Nathalie Péchalat : Les enfants sont vulnérables et fatigués, il faut leur montrer de quoi ils sont capables. Ils se rendent très vite compte qu’ils y arrivent et qu’ils peuvent pratiquer. C’est le meilleur moyen de les sortir de leur routine et des soins. C’est également une parenthèse de bonheur pour leurs parents.

Valoriser le sport santé lorsqu’il est adapté, c’est prouver qu’on peut jouer et se dépenser sans risque. Les enfants rient et se dépassent. C’est essentiel, ils doivent bouger, c’est dans leur nature. Ça les motive aussi à continuer après leur passage à l’hôpital et leur donne une meilleure estime d’eux, ils se sentent plus forts.

Et sur leurs parents ?

Nathalie Péchalat : Ils ont tendance à surprotéger leur enfant malade. Il faut qu’ils voient que celui-ci est capable de se bouger et de se dépasser. Les parents parviennent ainsi à sortir de leurs pensées négatives, ça les fait revivre ! C’est très important qu’ils soient présents pendant les animations.

Peut-on dire que pratiquer une activité physique adaptée aide à guérir ?

Nathalie Péchalat : Bien sûr, les bienfaits se font ressentir dans le processus de guérison de certaines maladies. Ça permet de se renforcer et de mieux se battre contre la maladie. Il faut l’intégrer dans le parcours de soins car c’est bon pour le moral et ça aide à mieux lutter.

Quel message souhaitez-vous faire passer ?

Nathalie Péchalat : On veut montrer que la maladie n’est pas qu’une fatalité. Le sport est utile pour le malade et lui permet de ressentir du bien-être. L’isolement et la routine dus à l’hospitalisation peuvent être cassés grâce à la pratique. De plus, le sport sera toujours là quand ça ira bien, ça permet de partager et de se rassembler. S’ouvrir, aller de l’avant… c’est comme ça qu’on se sort de la spirale de soins. De mon côté, je travaille aussi à élaborer des études afin de rendre l’association encore plus crédible dans le milieu médical.

Triathlète aventurière - Journaliste du sport et sportive - Formation scientifique en sciences de la nature et de la vie - Rédactrice en chef adjointe