Pourquoi est-il difficile de trouver le sommeil après une compétition ?

Pourquoi est-il difficile de trouver le sommeil après une compétition
Pourquoi est-il difficile de trouver le sommeil après une compétition

Une séance intense ou une compétition en soirée peuvent pénaliser notre sommeil. Quelques explications et pistes pour limiter le phénomène.

Par Cyril Pocréaux, journaliste pour la FFA

Beaucoup l’ont remarqué : il est parfois difficile de trouver le sommeil après une compétition, voire une séance un peu intensive. Simple impression ou donnée physiologique tangible ? « C’est ce qu’on observe parfois, en effet, note l’équipe médicale de la FFA. En fonction de l’intensité et du moment où on réalise l’effort dans la journée, il peut y avoir perturbation de l’endormissement. »

Refroidir le système

L’excitation psychologique n’est pas la seule en cause, loin de là. « Comme tout système qui produit un effort, le coureur va sécréter une hormone, la noradrénaline, via la glande corticosurrénale qui lui permet de booster la machine. Il déclenche les mécanismes qui permettent d’assurer une activité cardiaque et circulatoire efficace, pour que le système tourne à plein régime. Mais une fois l’effort arrêté, il faut que la machine refroidisse. Au sens littéral du terme ! Avant cela, elle continue à générer une sorte d’excitation d’une part, et la température cérébrale reste d’autre part au-dessus de 37 °C, ce qui explique la difficulté à trouver le sommeil. » Pour y parvenir, il faudra d’abord que la noradrénaline soit éliminée par l’organisme. « Il faut attendre, en fonction des cas, entre une et plusieurs heures pour que ce soit le cas. » Ici, plus ce type d’effort est habituel, fréquent, chez un coureur, et plus le « retour au calme » sera rapide. Mais plus l’effort sera intense et plus l’élimination de l’hormone sera longue. « Si vous courez une compétition le soir, vous pouvez avoir du mal à trouver le sommeil pendant la nuit, oui. »

Ce qui ne sera pas forcément le cas après un simple footing léger, où la quantité de noradrénaline produite s’avérera forcément beaucoup plus faible. À noter également que si l’effort intense est réalisé en matinée, il contribuera toutefois à un meilleur endormissement en soirée, car la température cérébrale s’abaissera alors davantage.

Récupérer avant de dormir

Reste qu’il est possible d’activer cette récupération, et donc l’élimination de la noradrénaline. « L’hormone, pendant l’effort, sature les capteurs des récepteurs, reprennent les médecins de l’équipe fédérale. Quand, après l’effort, l’organisme calme le jeu, les capteurs sont de moins en moins saturés et l’effet s’inverse. Or, l’hormone s’élimine, en particulier, par la circulation sanguine. » Conclusion : un petit footing de récupération en aérobie et une douche fraîche permettront d’accélérer ce processus. C’est d’ailleurs ce procédé qui est à la base des protocoles de récupération suivis par les athlètes de l’équipe de France, lors des grands championnats, après leur épreuve en soirée, pour pouvoir enchaîner le lendemain. Même si, en la matière, la physiologie n’est pas la seule à entrer en ligne de compte. Le contexte de la compétition, l’excitation éventuelle qui s’y trouvent liés jouent aussi sur la qualité du sommeil à venir. Autant chercher, donc, à se calmer avant de chercher le sommeil.

Indispensable sommeil

Toujours est-il qu’il vaudra mieux tout faire pour s’offrir un bon repos. En effet, « la nuit régule la récupération par d’autres systèmes hormonaux, sur des créneaux nocturnes qui doivent être respectés », préviennent les médecins fédéraux. À défaut, les hormones qui favorisent la récupération ne seront pas sécrétées. « Elles interviennent surtout pendant les phases de sommeil profond, entre 22 h et 6 h du matin, avec en particulier le système hormonal de la croissance, la testostérone… Bien dormir est donc important. » Que l’on ait couru avant ou pas, serait-on tenté d’ajouter.

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