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Du gras pour maigrir et pour courir: le processus épigénétique

Processus épigénétique: du gras pour courir et maigrir
Les gènes parviennent à moduler leur expression.

Etude chez des infirmières souhaitant maigrir

Certains lipides favorisent l’amaigrissement. A l’origine de cette affirmation une étude réalisée chez des infirmières souhaitant mincir. Le premier groupe recevait les conseils habituels et bénéficiait d’un suivi encourageant. Le second avait une prise en charge comparable mais on y ajoutait des acides gras Oméga 3.

Ces derniers sont indispensables à l’organisme. Le corps ne sait pas les synthétiser alors qu’ils interviennent dans de nombreux métabolismes et participent à la structurent des membranes cellulaires. Les infirmières qui avaient profité de cette complémentation avaient perdu plus de poids. 

Tout se passe comme si l’organisme disait: « J’ai ma dose d’acides gras indispensables, je peux enclencher leurs combustions pour des raisons énergétiques ». Au-delà de cette interprétation finaliste, il s’agit en fait d’un processus biologique appelé « épigénétique« .

Le processus épigénétique

Ces phénomènes n’ont que récemment été mis en évidence. Il n’y a pas si longtemps, les scientifiques pensaient que nos gênes déterminaient très fortement notre destin. On affirmait que l’espèce progressait par sélection naturelle, cette dernière faisant survivre ceux dont le patrimoine était le plus adapté.

Bref, cette théorie génétique semblait cohérente avec les principes évolutifs décrits par Darwin. Depuis peu, on sait que les gènes parviennent à moduler leur expression. La protéine synthétisée est toujours la même mais la cellule en produit plus ou moins en fonction des stimuli provenant de l’environnement.

Et c’est l’action des portions d’ADN, précèdant les zones codant pour une protéine, qui permettent cet ajustement quantitatif. Il ne s’agit pas d’une mince affaire car environ 80% de notre ADN se consacre à la régulation de l’expression de nos gènes. C’est l’épigénétique!

Le processus le mieux connu pour expliquer ce « bouton de volume » est l’enroulement des gènes de régulation. La fixation de petits groupes d’atomes carbonés appelés « méthyle » favorisent la mise en torsade de l’ADN en secteur d’approche de la fraction codante. Plus le ressort est serré et plus il est difficile d’y accéder. La cellule produit moins de protéine.

Plus le ressort se relâche, plus l’accès est facile et plus la cellule produit de protéine. Vous constatez que cette régulation s’inscrit dans la structure même de l’ADN. De fait, elle peut se transmettre aux générations suivantes notamment lorsque l’environnement à impacter les cellules de l’embryon pendant la grossesse.

La transmission des caractères acquis

Nous ne sommes pas loin de la théorie concurrente à celle de Charles Darwin, la théorie de Jean Baptiste Lamarck. Cette dernière envisageait « la transmission des caractères acquis« . La communauté scientifique le railla rapidement. Comme dans notre ADN, nos opinions méritent quelques modulations… 

Les girafes constituent l’exemple classique pour opposer les deux concepts. Darwin pensait que les individus ayant mutés leur ADN pour faire de grandes vertèbres cervicales avaient pu manger dans les arbres. Ceux qui avaient dû se contenter de l’herbe rase avaient finis par périr.

A l’inverse, Lamarck croyait qu’à force d’aller chercher une verdure de plus en plus haute, le cou des girafes avait fini par s’allonger. Chaque étape validée par une génération était transmise à la suivante puis majorée par la même stratégie alimentaire.

Et si les tensions musculaires dans le cou des girafes avaient enlevée quelques méthyles à l’approche des gènes codant pour la croissance osseuse dans les vertèbres cervicales? 

La mémoire du corps

En médecine du sport, on évoque souvent la « mémoire du corps » pour expliquer le retour à niveau rapide des sportifs assidus ayant arrêtés quelques années. Il est donc hautement probable que l’épigénétique justifie en grande partie cette meilleure « entraînabilité« . Mais revenons à nos lipides.

Illustrons le processus épigénétique avec les fameux Omégas 3. Les phénomènes épigénétiques dans le domaine de la nutrition ont été validés, ils portent le nom de « nutrigénomique« . En effet, ces acides gras indispensables sont capables de modifier la structure et d’activer des protéines aptes à enlever les méthyles au sein des gènes régulant la production des enzymes responsables de la combustion des graisses!

Du glycogène intrasmusculaire à la lipolyse

En mangeant des poissons gras ou des oléagineux, vous stimulez votre « lipolyse »! C’est bien pour maigrir! Mais c’est aussi très intéressant pour gagner en endurance. Ainsi vous n’êtes plus tributaire de votre stock de glycogène intramusculaire! Grâce à l’épigénétique, vous ne prenez pas le mur du marathon, vous continuez à trottiner comme un traileur ayant renoncé à la pasta party!

Triathlète adepte du cardiotraining et de la musculation - Médecin du sport - traumatologue du sport - nutritionniste du sport - diplômé en entraînement du sportif - Rédacteur en chef