Sport: le danger des commotions cérébrales

Sport: le danger des commotions cérébrales
Sport: le danger des commotions cérébrales

Saurez-vous comprendre cet article, tout en buvant un café, et en ayant la radio allumée ? Certaines victimes de commotions cérébrales, n’y parviennent plus. Que désigne ce terme ? Faites-vous partie de cette majorité de la population française, qui n’en a jamais entendu parler ?

Julia LIRA PEREZ, Neuropsychologue

Le risque chez les adolescents

En latin, cela signifie « secousse violente ». Une commotion cérébrale est l’une des catégories de traumatisme crânien. 

Si elles sont fréquentes chez les sportifs adultes de haut niveau, elles le sont encore plus chez les adolescents dans le milieu sportif amateur. Nous pourrions alors penser, qu’un adolescent s’en remettra plus facilement qu’un adulte. Bien au contraire ! Il a déjà été prouvé, que chez les adolescents, les répercussions sont plus graves. Elles peuvent provoquer une altération des capacités intellectuelles, mais aussi des difficultés relationnelles, des difficultés scolaires, ou encore des troubles psychiques. S’ils ne sont pas dépistés et pris en charge, ces troubles peuvent renforcer l’isolement, entrainer des mises en danger ou encore induire des séquelles irréversibles. 

Sans compter biensur, que le cognitif* a une place importante dans les performances sportives. Par exemple, lorsqu’un footballeur veut engager une action sur le terrain, il va visualiser et retenir à court terme, les positions des autres joueurs. Il va devoir également être rapide et stratégique. Or, si ces capacités cognitives sont diminuées, la performance sera évidemment moins bonne.

Les sous-commotions: une bombe à retardement

De plus, il existe également les sous-commotions : des chocs qui fragilisent le cerveau, et à long terme ont les mêmes effets qu’une commotion cérébrale. 

Aujourd’hui, la population est insuffisamment sensibilisée. Oui, les commotions cérébrales constituent un enjeu de santé publique. D’autant plus que le nombre d’adeptes au sport augmentent encore en France. Le gouvernement a un vrai rôle à jouer dans la prévention et dans l’accès aux soins appropriés. Les fédérations sportives, les entraîneurs, l’entourage et le médecin traitant de l’adolescent, doivent vraiment être vigilants. 

S’ajoute un facteur non négligeable : la majorité des athlètes victimes d’une commotion cérébrale, dissimulent leurs séquelles, soit par ignorance soit par crainte de devoir laisser leur place à un autre. Alors comment améliorer la situation lorsqu’un adolescent est victime d’une commotion cérébrale ?

Que faire en cas de commotion cérébrale?

Au-delà de l’orienter vers les spécialistes, il parait important de vérifier systématiquement si les fonctions cognitives sont préservées (capacité de concentration, capacité d’organisation, capacité à prendre des décisions, capacité à apprendre etc.). Pour cela, une évaluation neuropsychologique** est préconisée. Dès lors, si l’évaluation met en évidence des troubles cognitifs, il est primordial de mettre en place des séances de rééducation***. Plus tôt est la prise en charge, plus la probabilité de récupération augmente. D’autre part, grâce à l’évaluation, le sportif bénéficiera d’un programme de rééducation spécifique et personnalisé.

Enfin, rappelons qu’une activité physique est reconnue comme un facteur clé d’une bonne santé. Les bienfaits pour le corps et l’esprit ont déjà été démontré. D’ailleurs, le ministère du sport et l’OMS, la préconisent. Cependant, il est tout aussi important de construire un protocole de prévention & de prise en charge des commotions cérébrales, vu sa fréquence chez les sportifs.

Epidémie silencieuse, les commotions cérébrales sont bien un handicap invisible, dont l’impact peut être immense !

Lexique

*La cognition renvoie à l’ensemble des processus mentaux, qui nous permettent d’interagir convenablement avec notre environnement. Ils nous sont indispensables pour réaliser convenablement nos activités quotidiennes.

**Le bilan neuropsychologique permet d’évaluer les fonctions cognitives (mémoire, attention, raisonnement…), dans le but notamment, de repérer les capacités déficitaires, les points forts du patient, et l’intensité des déficits. Il aide à mettre en place une rééducation spécifique, et contribue à évaluer les répercussions dans le quotidien. Il est donc indispensable avant tout travail de rééducation cognitive.

***La rééducation cognitive a pour but de stimuler et d’améliorer les fonctions cognitives altérées, afin d’optimiser les capacités de récupération.