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Les exosquelettes dans la pratique du ski: une bonne idée ?

Exosquelette dans la pratique du ski
Exosquelette dans la pratique du ski

Il y a quelques années, les exosquelettes ont fait leur apparition sur nos pistes de ski. En tant que skieur récréatif et médecin du sport curieux des nouveautés, je n’ai pas hésité à tester ce nouvel équipement.

Benoist Janvier, Médecin du sport

Exosquelette: un ski plus doux pour les articulations?

La promesse : un ski plus doux pour les genoux, le dos et les hanches. Mais qu’en est-il vraiment ?

Pour moi, le résultat fut saisissant. Alors que mes genoux « arthrosés » se rappellent d’habitude à mon bon souvenir, j’ai pu enchaîner les descentes sans douleur toute la semaine. Le système composé d’un ressort de compression, qui vient prendre appui sur l’arrière des chaussures, décharge mécaniquement les jambes et les articulations d’une grande partie du poids du corps. C’est donc une sensation de légèreté qui s’impose.

Exosquelette: pour plus d’endurance?

La légèreté de l’exosquelette entraîne aussi une augmentation de l’endurance à l’effort. L’acide lactique qui d’habitude sature les quadriceps n’arrive plus aussi rapidement et les cuisses « brûlent » beaucoup moins vite. Les courbes peuvent s’enchaîner avec plus d’aisance et de sécurité. L’effet amortissant des ressorts réduit les vibrations et les chocs. Les hanches et le dos sont soulagés pour autant que l’on adopte un ski plus « coulé ».

Expérience de l’exosquelette

Très vite, le système se fait oublier et l’impression de retrouver les jambes de sa jeunesse est très agréable. Attention toutefois à ne pas se laisser griser par cette sensation de puissance et dépasser ses limites techniques.

Cette première expérience de « ski augmenté » s’est conclue par l’achat  du Ski-Mojo (599€). Depuis, je recommande souvent à mes patients d’essayer et, dans plus de 90 % des cas, ils me remercient de ce conseil.

Le point de vue du médecin du sport

De mon point de vue de médecin du sport, les exosquelettes représentent une avancée importante pour un grand nombre de pratiquants tels que:

  • les athlètes en retour de blessure au ligament croisé antérieur et en recherche de confiance,
  • les professionnels en prévention de l’usure ou en recherche de solution à la gonarthrose,
  • les « skieurs loisirs » intensifs qui souhaitent améliorer leur technique
  • et enfin, pour les skieurs récréatifs qui veulent réduire les risques de blessure et prendre plaisir plus longtemps malgré le manque d’entraînement avant les vacances à la montagne.

Quant au sport ? L’effort est toujours présent mais moins intense, car au final ce n’est ni plus ni moins qu’une simulation de perte de poids. Les exosquelettes constituent certainement un dopage mécanique au même titre que le VAE (vélo à assistance électrique) et une réflexion devrait être menée pour mettre en place des compétitions spécifiques.

©Jean-Marc Favre-WOOlOOMOOlOO