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Thomas Voeckler: je pratique pour le plaisir

Rencontre avec le cycliste Thomas Voeckler
Rencontre avec le cycliste Thomas Voeckler

À 39 ans, Thomas Voeckler est un jeune retraité du cyclisme sur route. Il a décidé d’arrêter sa carrière après le Tour de France 2017. Il a fait vibrer tous les amateurs de la Grande Boucle après avoir notamment porté le maillot jaune en 2004 et 2011 et celui du meilleur grimpeur en 2012. Mais son plus grand exploit sera de terminer quatrième du Tour de France en 2011. Aujourd’hui, il continue de partager sa passion en tant que consultant à la télévision, mais également à travers divers évènements où il prend de plus en plus de plaisir à pratiquer le cyclisme sans la compétition.

Doc Du Sport: Thomas Voeckler, comment se passe votre retraite sportive ?

T. V.: Ça fait un peu plus d’un an maintenant que j’ai arrêté, je suis encore en pleine phase de digestion. J’ai fait du vélo à haut niveau pendant 25 ans où j’ai tout donné. Du jour au lendemain il faut décrocher, ce n’est pas simple. Je suis d’abord resté inactif pendant deux mois. Je me suis en effet fait une fracture de la rotule juste après ma retraite. J’ai donc été obligé de stopper le sport, ce qui m’a bien évidemment donné envie de m’y remettre assez vite.

Quel est votre rythme d’entraînement depuis l’arrêt de votre carrière professionnelle ?

Aujourd’hui, je pratique à nouveau le cyclisme de manière régulière, trois fois par semaine pendant deux heures en général. Avant, c’était jusqu’à huit heures par jour… C’est devenu une pratique de plaisir, je ne me force pas. J’ai un peu grossi. Mon corps a changé avec ce rythme moins intense et mon régime alimentaire qui est différent bien sûr. Je varie un peu mes activités aussi, ce que je ne faisais pas avant. Je me suis mis à la course à pied que je pratique de plus en plus souvent. C’est beaucoup plus simple quand je suis en déplacement, pas besoin de prendre de matériel ! J’ai ainsi pu faire mon premier trail en novembre 2018. Psychologiquement, j’ai besoin de faire du sport mais je précise que je ne « m’entraîne » plus, je pratique pour le plaisir. Et pour des sports d’endurance comme le mien, l’arrêt brutal peut-être néfaste pour le cœur.

Thomas Voeckler: portrait
Thomas Voeckler: portrait

Vous êtes ambassadeurs auprès de certains partenaires, quel est votre rôle exactement et pourquoi ces choix ?

Je travaille avec les vélos à assistance électrique Matra. Je les aide en faisant des représentations auprès des clients; et je participe aux réunions techniques afin de développer le VAE que j’ai plaisir à utiliser. J’accompagne souvent des amis qui le pratiquent. Pour moi c’est l’avenir quand on voit que de plus en plus de gens se servent d’un vélo dans leurs déplacements quotidiens. Je travaille également pour la marque de diététique sportive MX3 et la marque de pneumatique Hutchinson avec qui j’étais déjà associé dans ma carrière. Il y a une cohérence avec toutes ces marques auxquelles je laisse mon image volontiers. Côté évènement, j’ai organisé une cyclosportive qui a eu lieu à Avoriaz en 2018 où je suis ambassadeur. Cette année, la deuxième édition se passera du côté des portes du soleil les 24 et 25 août. C’est une course parrainée par Matra. Les vélos électriques vont permettre à un plus large public de participer à une étape de montagne. C’est un réel plaisir pour moi d’avoir le temps de gérer ce genre d’évènement. Je peux ainsi échanger, partager et rencontrer les personnes qui m’ont soutenu tout au long de ma carrière.

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À quel niveau arrivez-vous encore à rouler aujourd’hui ?

J’ai pris ma retraite trop récemment pour avoir vraiment régressé. Je possède donc encore un niveau assez élevé même si j’ai d’abord beaucoup perdu à cause de ma blessure. Et puis j’ai un peu grossi et j’ai perdu pas mal de muscle. Aujourd’hui, j’ai les bras plus gros et les cuisses moins musclées, ce qui n’aide pas en cyclisme. Mais je garde une condition physique très bonne ! D’ailleurs, je vais participer à la première édition de l’Ironman des Sables-d’Olonne en relais où je ferai la partie à vélo.

Vous dites avoir grossi, qu’est-ce qui a changé dans votre régime alimentaire ?

Le régime est vraiment très important quand on fait du vélo à très haut niveau. Chaque kilo compte, il faut donc faire de gros sacrifices car il y a beaucoup d’interdits, ce qui génère d’énormes frustrations. Quand on pratique beaucoup, on a également très faim. On mange donc beaucoup pour compenser les grosses pertes de calories. Aujourd’hui, je mange moins car j’ai moins besoin mais je mange de tout ! Je ne fais plus attention même si je mange sainement. Je n’ai plus à me retenir, c’était tellement dur avant que maintenant je ne me prive pas du tout.

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Que diriez-vous à des sportifs amateurs qui souhaiteraient se mettre au vélo pour les encourager ?

Le cyclisme est un sport qui a longtemps été montré du doigt à cause du dopage, et à juste titre pendant des années. Aujourd’hui, on retrouve enfin une image plus positive et c’est mérité. Il ne faut pas avoir peur, je tiens à rassurer les parents qui hésitent à inscrire leurs enfants dans un club par exemple. Surtout que c’est un sport où la technique n’est pas très compliquée pour une pratique de loisirs. Et puis quand on travaille, on y arrive assez facilement. Niveau cardio, c’est top ! C’est également très bon pour les articulations. Ce sport demande du temps, forcément , on ne va pas sortir avec son vélo pour ne rouler que trente minutes, mais c’est tout de même assez facile et agréable. Et pour beaucoup de pathologies, le cyclisme peut remplacer une séance de kiné.

Cyclisme: Thomas Voeckler
Cyclisme: Thomas Voeckler
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Triathlète aventurière - Journaliste du sport et sportive - Formation scientifique en sciences de la nature et de la vie - Rédactrice en chef adjointe